ACTUALITÉS D'OBSTAK

Par Francis Higgins, Le Soleil

Lors du passage du Soleil la semaine dernière, trois des quatre copropriétaires étaient présents, accompagnés de deux proches et membres de l’équipe. Assez de monde pour témoigner de la douce folie de l’art du déplacement, une discipline qui consiste à franchir des obstacles insolites de manière sportive, artistique ou originale.

La salle de plus de 1000 mètres carrés (près de 12 000 pieds carrés) située aux abords de l’autoroute Henri-IV, non loin de la sortie du boulevard Wilfrid-Hamel, recèle plusieurs bijoux inusités.

Sur place, on trouve des murs courbés hauts de trois à cinq mètres (12 à 18 pieds), des murets, des barres fixes, des obstacles modulaires aux géométries et hauteurs variées, des rampes, des anneaux, une corde à grimper, des coussins gonflables de gymnastique, etc. Tout ce qu’il faut — et plus — pour courir, grimper et sauter pour le plaisir.

L'art du déplacement, c'est aussi grimper à toute vitesse un mur courbé haut de quelques mètres… pour le plaisir! (Caroline Grégoire/Le Soleil)Bouger autrement

Ce projet Obstak, Jessica Cormier, Martin Pelletier et Simon Lachance le travaillent au corps depuis plus de trois ans déjà. Son concept est simple : un centre d’entraînement familial pour les amateurs de déplacement urbain, de parkour et de ninja warrior [lire les définitions ci-dessous].

«La popularité des bons vieux tapis roulants devant les fenêtres dans les gyms, ça s’essouffle un peu. Les gens aiment bouger autrement, aiment s’entraîner différemment, se dépasser. Le parkour et le ninja warrior se démocratisent.»

—  Martin Pelletier, cofondateur d'Obstak

«J’aime ce qui bouge, ce qui se transforme. J’ai vu tellement de gyms où tout était statique et soudé que j’ai voulu en dessiner un qui évolue. Ici, les choses changent pour permettre aux gens de trouver de nouveaux défis et de s’amuser tout le temps», ajoute celui qui pratique ce sport depuis une décennie, exposant au passage les valeurs de partage et d’entraide à la base de son activité de prédilection.

Se découvrir un talent

Ces trois entrepreneurs ont des parcours fort différents, loin de cette activité physique aussi exigeante qu’étonnante. Jessica a travaillé dans le domaine scientifique du diagnostic moléculaire pendant une vingtaine d’années, Martin est concepteur en génie mécanique et en modélisation 3D, puis Simon a fondé la firme de jeux vidéo Berzerk Studio à Québec (qui a notamment lancé Just Shapes & Beats). Leur quatrième associé et mentor, Stéphane Provencher, est propriétaire de gyms de cet acabit à Drummondville et à Montréal.

La photographe du Soleil a demandé un exercice de force, de résistance et d'équilibre notable pour son portrait chez Obstak. Dans la rangée du bas, les propriétaires Simon Lachance, Martin Pelletier et Jessica Cormier. Au-dessus, les proches et collaboratrices Émilie Côté et Klo Fillion. «J’ai commencé à 35 ans, moi qui ne m’étais jamais considéré comme sportif. À l’école, j’étais le petit nerd qui aimait les jeux vidéo, mais qui n’était jamais bon dans les sports, confie Simon. Avec le parkour, je me suis découvert ce talent. Tout ce temps, je n’avais tout simplement pas trouvé le bon sport pour moi.»

«Aujourd’hui, je redeviens un enfant de huit ans qui saute sur le trottoir ou sur des tables, poursuit-il. On dirait qu’une fois adulte, on n’a plus le droit de faire ça. Mais ici, on s’accorde de nouveau ce droit.»

Trois salles bien distinctes

Les comparses se sont offert quelques escapades ludiques en Europe et dans le reste du Canada pour dénicher des idées dans une quinzaine de gyms de parkour étrangers. Chez Obstak, trois salles attendent la clientèle en mal de bouger. Toutes conçues, dessinées, construites et «assemblées comme des Lego» par la petite équipe.

Obstak propose des activités pour tous les niveaux de clientèle, autant pour les débutants que pour les initiés habitués à faire le grand saut.La première salle, la plus grande, se destine aux participants âgés de plus de 10 ans. Elle comporte les éléments mentionnés précédemment.

La seconde, baptisée JSB (pour Joue, saute et bouge ou Just Shapes & Beats) est réservée aux jeunes de 10 ans et moins. Elle renferme des versions réduites des installations de jeux de la première salle.

La troisième est un espace de jeu interactif où les participants peuvent se remuer devant un grand écran de six mètres sur trois mètres (20 par 12 pieds) sur lequel on projette des jeux, des lumières et des images. Le tout alimenté par la technologie de l’entreprise Lü de Québec.

Pour finir, un coin café permet aux clients de boire, de discuter ou de patienter dans une ambiance qu’on a voulue «cozy, agréable et confortable».

Des cours pour tous

Obstak vise une clientèle familiale, «du plus jeune au plus vieux, de tous les niveaux, débutant comme expert». «On entend parfois des gens dire qu’ils sont trop vieux pour ce sport, ou que c’est pour les enfants. Moi, j’ai commencé à la fin de la trentaine», affirme Jessica.

«Bouger avec son environnement de manière créative avec tout ce qui nous entoure, ça permet de développer tous les muscles, de travailler les bras et les jambes, sans poids, de façon souvent créative, continue-t-elle. On développe les réflexes, la mobilité et l’équilibre dans un environnement inclusif et sécuritaire où on peut apprendre les techniques à ceux qui n’ont jamais essayé. Et les initiés déjà l’aise auront du fun aussi!»

L'art du déplacement, c'est aussi une question d'équilibre, comme le montrent Klo Fillion et Émilie Côté.En plus des séances libres, on prévoit offrir des cours d’initiation en groupe ou en privé, en plus «des activités scolaires, des camps de jour, des activités d’équipes et de collègues, des forfaits anniversaires, camp de jour, etc.»

Il sera même possible de commander sur place la construction de modules que les clients pourront acheter et rapporter pour pratiquer l’art du déplacement à la maison.

À savoir

  • Adresse : 500, avenue Saint-Jean-Baptiste, local 160, à Québec

  • Tarifs : à partir de 29 $ pour un bloc de 5 heures, accès à la carte et abonnements offerts

  • Horaire : lundi à mercredi de 16h à 21h, jeudi et vendredi de midi à 21h, samedi et dimanche de 9h à 18h, pour l’instant

  • Âge : recommandé à partir de 4 ans, mais tout le monde est accepté, assure-t-on. Des cours sont offerts aux jeunes de 5 ans et plus.

  • Info : @obstak sur Facebook et mouvementurbain.ca

EN QUELQUES MOTS…

Parkour : sport extrême qui consiste à franchir, de manière artistique et originale, des obstacles insolites et particulièrement dangereux, sur un tracé prédéterminé, sans l’aide de matériel. Dérivé du mot français parcours, on l’appelle parfois aussi freerun ou freerunning. (Source : OQLF)

Art du déplacement : discipline physique et artistique apparentée au parkour. Elle intègre un entraînement complet, des passements d’obstacles (en ville ou en nature) et un système de valeurs fondé sur le respect, le partage, l’humilité et la résilience. (Source : ADD Québec)

Ninja Warrior : American Ninja Warrior est une émission de télé américaine diffusée au Québec sous le nom Ninja WarriorLe parcours ultime. Il s’agit d’une course à obstacles compétitive dans laquelle il faut réussir le plus d’épreuves possible le plus rapidement possible, par la seule force, agilité et habileté du corps. Le terme peut aussi définir cette activité elle-même. (Source : ACTN3)

Tricking : sport d’entraînement issu des arts martiaux et de la gymnastique qui combine des acrobaties (vrilles, des roulades, etc.) ainsi que des mouvements et styles de danse. (Source : Martial Arts of the World)

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https://www.lesoleil.com/vivre/2024/03/31/obstak-un-nouveau-terrain-de-jeu-format-geant-BYAC6LE6QVG7ZOOUBJEU6K3QNQ/

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