LA COMMUNAUTÉ DE PARKOUR
Et si le Parkour était moins dangereux que le soccer?
Quand on entend le mot Parkour, on imagine souvent des sauts spectaculaires entre les toits ou des vidéos impressionnantes qui circulent sur TikTok. Pas étonnant que plusieurs parents se demandent: « Est-ce que c’est dangereux ? » La réponse pourrait te surprendre: le Parkour, bien pratiqué, est en réalité beaucoup plus sécuritaire qu’on le croit.
Le risque… toujours mesuré
La grande différence entre le Parkour et d’autres sports, c’est que tu n’agis jamais sans réfléchir. Avant chaque saut, chaque franchissement, on apprend à analyser son environnement, à mesurer le risque et à décider si le mouvement est à sa portée. C’est une vraie école de gestion du risque. Ton enfant n’est pas poussé à « se lancer », mais au contraire à prendre le temps d’évaluer et de progresser étape par étape.
Comme le souligne Châu Belle, membre fondateur du groupe Yamakasi à l’origine de la discipline de l’Art du déplacement : « On ne tombe pas, on apprend à atterrir. » Cette phrase résume parfaitement l’esprit de la discipline. Le Parkour n’est pas de foncer tête baissée dans des mouvements risqués, mais de développer une conscience de son corps et de son environnement.
Un adulte en entraînement au Parkour réalise un rattrapage de sécurité (bail), en apprenant à se rattraper sur une barre plutôt que de tomber.
Comparé aux sports traditionnels
On connaît tous un·e jeune qui s’est blessé·e en jouant au soccer, au hockey ou au basketball. Les statistiques montrent que ces sports ont un taux de blessures bien plus élevé que le Parkour. Pourquoi ? Parce qu’en Parkour, les mouvements se font en contrôle, sans opposition ni contact physique avec un·e adversaire. Le risque existe, comme dans toute activité physique, mais il est réfléchi et encadré.
Les chiffres confirment cette réalité. Une étude menée par Wanke et al. (2013) rapporte environ 5,5 blessures pour 1 000 heures de pratique, la majorité étant mineures. Plus récemment, Grosprêtre et El Khattabi (2022) ont observé un taux encore plus bas, soit 1,7 blessure pour 1 000 heures. Du côté de la pratique encadrée, le centre new-yorkais The Movement Creative a documenté seulement 0,5 blessure pour 1 000 heures, contre plus de 7 en soccer ou près de 5 en judo (The Movement Creative, 2023). Ces chiffres montrent clairement que le Parkour, loin de l’image de danger souvent véhiculée, se compare avantageusement aux sports les plus courants en matière de sécurité.
Apprendre à oser en toute sécurité
Pratiquer le Parkour, c’est apprendre à écouter son corps, à connaître ses limites et à développer sa confiance. C’est aussi comprendre que « prendre un risque » ne veut pas dire se mettre en danger. Bien au contraire : ton enfant apprend à oser, mais avec intelligence. Il en retire des compétences utiles dans sa vie de tous les jours, comme garder son calme dans une situation imprévue, ou développer une autonomie qui le suivra bien au-delà du gym.
Un coach adulte réalise un saut de chat en puissance, démontrant contrôle et fluidité.
Le risque, un apprentissage essentiel
Radio-Canada rappelait récemment que les jeunes d’aujourd’hui ont de moins en moins d’occasions de prendre des risques dans leur quotidien. Pourtant, apprendre à oser, à tester ses limites, est essentiel pour développer la confiance en soi et l’autonomie. Le Parkour répond directement à ce besoin : il permet aux jeunes d’explorer, de s’exposer à de petits défis, mais toujours dans un cadre progressif et réfléchi.
Un peu comme les arts martiaux n’enseignent pas à se battre, mais à se maîtriser et à gérer ses émotions, le Parkour n’apprend pas à « prendre des risques », mais à les comprendre, les mesurer et les apprivoiser.
Josh, jeune traceur chez Obstak, exécute une descente contrôlée sur une barre, démontrant maîtrise et gestion du mouvement.
En conclusion
Le Parkour n’est pas un sport extrême réservé aux casse-cou. C’est une discipline qui enseigne la prudence, la progression et la confiance en soi.
Références
Wanke, E. M., Fischer, T., et al. (2013). Injuries in Parkour. Sports Orthopaedics and Traumatology, 29(4), 226-233.
Grosprêtre, S., & El Khattabi, S. (2022). Training habits and lower limb injury prevention in parkour practitioners. Science & Motricité, 114, 37-48.
The Movement Creative (2023). Is Parkour Safe? Disponible en ligne : themovementcreative.com
Henaliio (s.d.). La prise de risque en Parkour. Disponible en ligne : henaliio.fr
Radio-Canada (2023). Les « jeux risqués » sont bénéfiques pour les enfants, assure la Société de pédiatrie. Disponible en ligne : ici. radio-canada.ca